Mercredi 7 et jeudi 8 novembre à 20h30

L'Atelier volant

Valère Novarina

Interdit d’antenne en 1972, ce texte de Novarina pourrait nous paraître daté. Mais non : quarante ans plus tard, l’agitation logorrhéique de Monsieur Boucot, les arabesques langagières de Madame Bouche, offrent une savoureuse caricature du sabir post-industriel diffusé sur la toile d’un 21e siècle dédié au tout économique.

Durée 2h15
Tarif B
Plein 40.- / 30.- | Réduit 35.- / 25.- | Mini 15.-
avec le Pass Forum 15.-

L'essentiel

Mesdames, Messieurs, je ne vous cacherai pas que nous sommes en ce moment dans une crise qui n’est pas sans remède.

Interdit d’antenne par le directeur de la Radiodiffusion française en 1972 parce qu’il s’agissait d’une «pièce à thèse politique» et que «l’Office doit en période pré-référendaire ou pré-électorale respecter certaines règles», le premier texte théâtral de Valère Novarina pourrait nous paraître daté. Mais non: quarante ans plus tard, l’agitation logorrhéique de Monsieur Boucot, les arabesques langagières de Madame Bouche, son épouse, offrent une savoureuse caricature du sabir post-industriel diffusé sur la toile d’un 21e siècle dédié au tout économique.

Entre des instances dirigeantes cruelles, bizarrement fantasques et des journées soumises à l’absurdité de décisions prises au-dessus d’eux, les employés de ce
drôle d’atelier se battent avec énergie, usant de toutes les langues qui sont à leur disposition. Paroles, dialectes, glossolalies, patois: un combat de mots décidera de qui aura finalement le pouvoir.

Pour sa première mise en scène de L’Atelier volant, Valère Novarina a convoqué son «petit orchestre de solistes extravagants», une troupe de comédiens rompus à sa manière de toujours remettre en question l’acteur, l’espace et les mots.

Générique

Texte, mise en scène et peintures Valère Novarina
Avec Olivier Martin-Salvan (Monsieur Boucot), Myrto Procopiou (Madame Bouche), Richard Pierre (Le Docteur), Nicolas Struve (Employé A), Dominique Parent (Employé B), René Turquois (Employé C), Valérie Vinci (Employée D), Julie Kpéré (Employée E)
Collaboration artistique Céline Schaeffer
Scénographie Philippe Marioge
Musique Christian Paccoud
Lumières Joël Hourbeigt
Costumes Renato Bianchi
Maquillage Carole Anquetil
Dramaturgie Adélaïde Pralon et Roséliane Goldstein
Construction du décor Les ateliers de construction du Théâtre du Nord
Philosophie générale Clara Rousseau
Régie générale Richard Pierre
Adaptation des lumières en tournée Paul Beaureilles en alternance avec Éric Blevin
Régie plateau Raphaël Dupleix
Réalisation des costumes Sylvie Lombart assistée d’Anne Poupelin et Catherine Manceau
Réalisation des accessoires Jean-Paul Dewynter
Production Séverine Péan en collaboration avec Carine Hily, et Julie Le Gall pour l’administration de tournée/PLATÔ
Stagiaire - assistante à la mise en scène Marjorie Efther
Assistante de l’auteur Lola Créïs

Production déléguée L’Union des contraires
Coproduction Théâtre du Rond-Point, Théâtre Vidy-Lausanne, Le TNP- Villeurbanne
Avec l’aide du ministère de la Culture et de la Communication, avec le soutien du Dièse # Rhône-Alpes,
Remerciements à Armelle Dumoulin

Le texte L’Atelier volant est publié aux éditions P.O.L

Crédit photos Alain Fonteray

Revue de presse

Avec un humour très fin Novarina joue avec les signes et les symboles (drapeau rouge, boîtes rouges, rose…) évoquant les luttes politiques et sociales. La musique de Christian
Paccoud intervient de temps à autre, telle une voix, mais n’accompagne pas le choeur a cappella, un peu déglingué, des employés. Les huit acteurs, virtuoses du langage
novarinnien, agis, habités par l’énergie de la parole, révèlent le mouvement de la pensée dans son action physique, voire physiologique, du corps parlant. Une pièce visionnaire
sur ce que nous vivons aujourd’hui.
Irène Sadowska Guillon, kourandartavignon.unblog.fr, 21.09.2012

Avec ce Boucot aux allures de Père Ubu délirant, flanqué d’une Madame Bouche décalque de Mère Ubu trempée dans un pot de peinture Bleu Klein, Novarina inscrit sa farce sociale dans la lignée d’un Alfred Jarry qui aurait passé ses nuit à apprendre par coeur Pantagruel de François Rabelais. Cette nouvelle mise en scène donne l’occasion d’assister en live à la naissance d’une écriture. En 2h20 sans entracte et sans jamais se départir de son ironie grinçante, Novarina s’offre une liberté folle, osant des monologues
où les déformations jubilatoires qu’il impose à la langue française deviendront plus tard sa marque de fabrique. Le Big Bang d’un univers théâtral qui peut aussi bien être dégusté par un agrégé de lettres que par Monsieur Tout Le Monde.
Patrick Sourd, evene.fr, 10.09.2012

L’idée est bonne ; sa fable joyeusement satirique et décalée sur le monde de l’entreprise n’a pas vieilli : le vilain Boucot, patron pétaradant, embauche et licencie à tour de bras des salariés épuisés par le tourbillon de la finance et la sévérité de la crise. La pièce débute comme une farce classique, puis s’émancipe, flirte de plus en plus avec l’absurde
en explosant le langage - on a l’impression d’assister à la naissance de la langue « novarinesque ».

La mise en scène vive (de l’auteur) et la scénographie très colorée - entre cirque, « arte povera » et abstraction -crée les conditions d’un « théâtre de la cruauté comique », cher au dramaturge. Pour porter haut et juste ces jets de mots drolatiques, il a réuni la troupe idéale : Olivier Martin-Salvan, savoureux patron coq chantant, mais aussi Myrto Procopiou, Julie Kpéré, Valérie Vinci, Dominique Parent, Richard Pierre et Nicolas Struve.
Philippe Chevilley, LesEchos.fr, 10.09.2012

Les comédiens ont une présence chaleureuse. Leur travail agite les imaginaires, libère les imaginations et révèle la force du verbe. L’auteur qui est un penseur créateur de
monde et de théâtre sait créer un langage scénique dans toute sa vigueur et tricoter le bonheur d’une durée pleine d’attentions et de «réflexions».
Jean Grapin, La Revue du spectacle.fr, 10.09.2012