Avec un humour très fin Novarina joue avec les signes et les symboles (drapeau rouge, boîtes rouges, rose…) évoquant les luttes politiques et sociales. La musique de Christian
Paccoud intervient de temps à autre, telle une voix, mais n’accompagne pas le choeur a cappella, un peu déglingué, des employés. Les huit acteurs, virtuoses du langage
novarinnien, agis, habités par l’énergie de la parole, révèlent le mouvement de la pensée dans son action physique, voire physiologique, du corps parlant. Une pièce visionnaire
sur ce que nous vivons aujourd’hui.
Irène Sadowska Guillon, kourandartavignon.unblog.fr, 21.09.2012
Avec ce Boucot aux allures de Père Ubu délirant, flanqué d’une Madame Bouche décalque de Mère Ubu trempée dans un pot de peinture Bleu Klein, Novarina inscrit sa farce sociale dans la lignée d’un Alfred Jarry qui aurait passé ses nuit à apprendre par coeur Pantagruel de François Rabelais. Cette nouvelle mise en scène donne l’occasion d’assister en live à la naissance d’une écriture. En 2h20 sans entracte et sans jamais se départir de son ironie grinçante, Novarina s’offre une liberté folle, osant des monologues
où les déformations jubilatoires qu’il impose à la langue française deviendront plus tard sa marque de fabrique. Le Big Bang d’un univers théâtral qui peut aussi bien être dégusté par un agrégé de lettres que par Monsieur Tout Le Monde.
Patrick Sourd, evene.fr, 10.09.2012
L’idée est bonne ; sa fable joyeusement satirique et décalée sur le monde de l’entreprise n’a pas vieilli : le vilain Boucot, patron pétaradant, embauche et licencie à tour de bras des salariés épuisés par le tourbillon de la finance et la sévérité de la crise. La pièce débute comme une farce classique, puis s’émancipe, flirte de plus en plus avec l’absurde
en explosant le langage - on a l’impression d’assister à la naissance de la langue « novarinesque ».
La mise en scène vive (de l’auteur) et la scénographie très colorée - entre cirque, « arte povera » et abstraction -crée les conditions d’un « théâtre de la cruauté comique », cher au dramaturge. Pour porter haut et juste ces jets de mots drolatiques, il a réuni la troupe idéale : Olivier Martin-Salvan, savoureux patron coq chantant, mais aussi Myrto Procopiou, Julie Kpéré, Valérie Vinci, Dominique Parent, Richard Pierre et Nicolas Struve.
Philippe Chevilley, LesEchos.fr, 10.09.2012
Les comédiens ont une présence chaleureuse. Leur travail agite les imaginaires, libère les imaginations et révèle la force du verbe. L’auteur qui est un penseur créateur de
monde et de théâtre sait créer un langage scénique dans toute sa vigueur et tricoter le bonheur d’une durée pleine d’attentions et de «réflexions».
Jean Grapin, La Revue du spectacle.fr, 10.09.2012