Apporter de la force, de la conviction, de l'espoir aux gens, leur donner envie d'agir !
Tout juste âgée de trente ans, Emel Mathlouthi interprète des chansons dont les titres (Ça suffit, Tyran ou Pauvre Tunisie) sont largement explicites. Dans ses textes, écrits dès 2005, elle parle de liberté et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, n’hésitant pas à prendre à partie les pouvoirs en place. Avec le chant comme arme de poing et la guitare en bandoulière, elle est ce qu’on appelle une chanteuse contestataire, dans la lignée de Bob Dylan, de Joan Baez ou encore de l’Égyptien Cheikh Imam. Sur sa guitare, elle avait écrit: «Je ne veux plus me taire.»
Son premier album, baptisé Kelmti Horra (qui signifie «Ma parole est libre»), c’est la Tunisie vue à travers les yeux d’une étudiante révoltée, d’une émigrée
aussi, qui s’était installée à Paris pour fuir les censeurs de son pays. Aujourd’hui, il a valeur de sauf-conduit, d’hymne à la résistance, au point que la chanson éponyme, après avoir fait le tour du Web, a servi de bande-son à la révolution de jasmin qui a enflammé la Tunisie début 2011.
Composant des hymnes électro-folk aux envolées orientales, Emel Mathlouthi chante principalement en arabe, et parfois en français ou en anglais, multipliant les voix comme pour ériger un mur de paroles. Des paroles qui sont autant de vents de liberté.











