Bartleby le scribe

D'après Herman Melville
Lecture Daniel Pennac
Mardi 17 janvier 2012 à 19h

«Je préfèrerais pas». Telle est la réponse de Bartleby à son chef, qui lui demande de se mettre au travail. Daniel Pennac nous fait parvenir cette histoire dans toute sa richesse et sa complexité, histoire qui dit le sentiment du devoir obligé, la fin de l’obéissance, la résistance passive, l’indépendance d’esprit.

Durée 1h15
Tarif D

 

Suivi d'une rencontre avec Daniel Pennac

L'essentiel

«Toute ma vie, j’ai lu à voix haute. (À voix autre.) Il fallait bien que ça finisse sur la scène d’un théâtre.»

«Je préfèrerais pas», telle est la réponse calme, récurrente, irrévocable de Bartleby à son chef, qui lui demande de se mettre au travail. Nous sommes dans un cabinet d’avocats de Wall Street et le chef en question se perd en conjectures sur la résistance aussi incompréhensible qu’opiniâtre du copiste qu’il avait engagé par pure bonté d’âme.

Bartleby n’explique rien, ne fait rien, ne dit rien d’autre que cette phrase ambiguë : «Je préfèrerais pas». Et ces quelques mots forment un roc contre lequel échouent toutes les tentatives d’approche du narrateur pour comprendre son employé, l’aider et le remettre sur la voie raisonnable qui serait celle du travail.

Il fallait la subtile attention de Daniel Pennac – écrivain lui-même, donc particulièrement habile à révéler les ressorts cachés du récit – pour nous faire parvenir cette histoire dans toute sa richesse et sa complexité, parfois drôle ou absurde, parfois grinçante ou même tragique. «I would prefer not to» dit entre les lignes le sentiment du devoir obligé, la fin de l’obéissance, la résistance passive, l’indépendance d’esprit. Et, forcément, la solitude.

Générique

Auteur Herman Melville

Mise en scène François Duval 
Traduction Pierre Leiris (éditions Gallimard)
Adaptation Daniel Pennac
Scénographie Charlotte Maurel
Lumières Emmanuelle Phelippeau-Viallard


Production Les Productions de l’Explorateur – Théâtre La Pépinière

Photos C. Helie Gallimard

Revue de presse

« Je ne sais plus quand j'ai lu le Bartleby de Melville pour la première fois. Mes plus vieux amis affirment que je leur en parle depuis toujours. Bartleby et son notaire me hantent. (...) Et puis, toute ma vie, j'ai lu à voix haute. (A voix autre.) Il fallait bien que ça finisse sur la scène d'un théâtre. D'autant plus qu'aujourd'hui, j'ai l'âge du narrateur de cette histoire. C'est idiot, mais ça crée des liens. »

                                                               Daniel Pennac

 

« Bartleby, " histoire de Wall Street " née sous la plume d'Herman Melville, est le récit fascinant d'une fascination, le sublime poème d'une énigme renversant toute certitude. Confronté à un homme qui s'arrête, le narrateur cherche, sent, voit. Bartleby le scribe ne rechigne pas, il refuse net: stoppe et ressasse le fameux : " Je préfère ne pas". Ce n'est pas un hasard s'il revient à Daniel Pennac de le mettre en bouche. Son ?uvre est peuplée de ces personnages qui n'échappent pas aux coeurs et aux crises, mais volontiers aux institutions et aux ordres. Lecteur sûr et captivant, l'écrivain paraît ici l'oeil pétillant. Et entre de bonnes mains avec François Duval qui signe une mise en scène précise. Sans fioritures et nous ramenant à l'essentiel: l'humanité. »

                                                               Le Journal du Dimanche

 

« Pour l'instant, quelques heures avant la première, l'auteur avoue une « trouille très bartlebienne.» «Qu'est-ce qui se passe si rien ne se passe ? s'interroge-t-il. Je me posais la même question en classe, parfois on est fatigué et c'est difficile.» Et de rappeler : « Je ne suis pas un acteur, je suis un lecteur. » »

                                                                Nathalie Simon, Le Figaro

 

« Daniel Pennac donne ce texte au public avec générosité et énergie. Avec parfois quelque chose de l'enfance obstinée et du retrait le plus doux. (...) Mais enfin, c'est un écrivain qui lit un grand écrivain. »

                                                                Sylviane Bernard-Gresh, Télérama