Jeudi 20 mars à 20h30

Voyage au bout de la nuit

Louis-Ferdinand Céline – Jean-François Balmer

Dans un décor simple qui situe rapidement les trois parties du roman de Céline, Jean-François Balmer donne une véritable chair à Bardamu. Il est sa lassitude, sa truculence, sa lâcheté. Il est aussi le regard plein de compassion et de colère de Céline sur la condition faite par les hommes à d’autres hommes.

Durée 1h35
Tarif A
Plein 55.- / 45.- | Réduit 50.- / 40.-
Mini 35.- / 25.-
Pass Forum 35.- / 25.- | Pass Éco 25.-

L'essentiel

Si les gens sont si méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent.

Il est ahurissant, le monde. Ils sont stupéfiants, les hommes, surtout quand ils entreprennent de se détruire eux-mêmes à petit ou à grand feu, lorsqu’ils passent leur temps à torturer plus miséreux qu’eux. Héros perpétuellement en fuite, le Bardamu de Voyage au bout de la nuit n’en revient pas de ce qu’il découvre de la guerre, de la colonisation, de New York, de la banlieue de Paris et de lui-même, accablé qu’il est de ne pouvoir être autre chose qu’un témoin errant et impuissant.

Cette stupéfaction, cet effarement, Jean-François Balmer les dit et les joue superbement. Dans un décor simple qui situe rapidement les trois parties du roman, l’acteur suisse donne une véritable chair à Bardamu. Il est sa lassitude, sa truculence, sa lâcheté. Il est aussi le regard plein de compassion et de colère de Céline sur la condition faite par les hommes à d’autres hommes. On rit beaucoup à ce voyage, et parfois à grands gloussements, plutôt jaunes évidemment. On se réveille aussi sur un monde qui est toujours le nôtre, et sur une écriture qui, près d’un siècle plus tard, garde une force indubitable.

Générique

D’après l’oeuvre de Louis-Ferdinand Céline
Avec Jean-François Balmer
Mise en scène et scénographie Françoise Petit
Adaptation Nicolas Massadau
Images Tristan Sébenne
Lumières Nathalie Brun
Son Thibaut Hédouin

Production Les Gémeaux – Scène nationale de Sceau, le Théâtre de l’OEuvre

Crédits photos Dunnara Meas

Revue de presse

Jusqu'à aujourd'hui, seul Fabrice Luchini avait su faire entendre le Voyage au bout de la nuit. C'était il y a une vingtaine d'années. Debout, en imperméable, le texte sous le bras, il avait l'air d'un étudiant, d'un passant, qui, tout à coup, recrachait, revivait le texte de Céline. C'était stupéfiant. À présent, c'est Jean-François Balmer qui se lance dans l'entreprise délicate de donner une vie théâtrale au Voyage. Cela n'a aucune parenté avec ce qu'a fait Luchini. Et c'est d'une force égale.
Gilles Costaz, Le Point

C'est avec une délicatesse toute musicale qu'il épouse le souffle et le rythme de cette langue insensée, et avec une tendresse troublante qu'il incarne, en maintenant une légère distance, «son Bardamu». De la pâte humaine pure, malaxée par la guerre, l' «ennui criminel des hommes», la misère, la maladie. Sacré Voyage que celui-là.
Fabienne Darge, Le Monde

Une heure quarante-cinq durant, Jean-François Balmer saisit le public qui ne décroche pas une seconde de ce récit. Il se plie aux tons, aux voix, aux styles. Il a trouvé l'exacte distance qui permet d'incarner mais qui permet également de montrer, littéralement, l'écriture. (...) Jean-François Balmer parvient à donner toutes les couleurs de l'œuvre, de l'imprécation à la douceur, du rejet à l'empathie, de l'emportement à l'apaisement. C'est merveilleux car, par-delà le chef d'oeuvre, cette rupture historique qu'introduit Céline dans la littérature française - et mondiale au-delà - il y a le grand roman d'aventure qu'est Voyage au bout de la nuit.
Armelle Héliot, Le Figaro

Son personnage, le comédien le voit comme un homme naïf et ahuri, jamais remis d’avoir survécu au grand abattoir. L’essentiel est sauvegardé, transcendé, magnifié par l’extraordinaire métier de Jean-François Balmer: la pièce rend justice au génie comique de Céline. À sa faculté de s’épanouir dans le clownesque. Ce n’est pas Luchini qui fait du Luchini, ce n’est pas même Balmer qui fait du Céline: c’est Bardamu qui vous parle en personne.
Pierre Assouline, La République des Livres