On ne peut rien changer à son destin. Ésope
Après deux ans de tournée internationale, la chorégraphie de Guilherme Botelho, qui avait vu le jour en 2010 sur la scène de Meyrin, revient nous envelopper de son charme hypnotique.
Sideways Rain ou l’art de la transhumance. Quatorze danseurs traversent la scène, puis recommencent, inlassablement, mus par une inexplicable volonté de courir. Vers quoi ? Vers un destin qui semble glisser sous leurs pieds. De passage en passage se dessinent à la fois la condition humaine, l’évolution de l’Homme, les transformations de l’univers. Du rocher à la vague, du frétillement d’une cellule au mouvement d’une comète, du premier cri du bébé au vieillard, des hommes et des femmes marchent, courent, tombent, se rencontrent, se relèvent, disparaissent et renaissent. C’est l’éternel recommencement.
Comme toujours avec Alias, l’exploit chorégraphique et le propos artistique ne font qu’un. Cette fois-ci, Botelho propose une métaphore visuelle et physique de la force brute qui anime toute vie. Sculpteur de rythme et d’espace, il active une danse qui pulse, baignée dans une boucle sonore électro. On est subjugué par la force suggestive du récit des corps, la simplicité apparente d’une chorégraphie incroyablement complexe. Un spectacle hors des effets de mode, dédié tout entier au pur mouvement.











