Avec le temps, on éprouve le désir de reparler de la même chose mais avec plus de finesse, de pertinence et peut-être plus de lucidité. Guilherme Botelho
On n’avait jamais vu pareille loufoquerie: des danseurs qui subitement se transforment en nageurs, qui glissent ventre à terre sur une fine couche d’eau et font leur ligne de crawl… Le Poids des éponges nous avait littéralement enthousiasmés il y a dix ans. Rythmée, à la fois drôle, festive et grave, la pièce avait suscité l’engouement du public. Guilherme Botelho la reprend aujourd’hui et propose une véritable recréation de cette oeuvre phare dans le parcours de la compagnie Alias.
Le spectacle, surréaliste, onirique mais aussi très concret, nous touche parce qu’il traite de la vie de tous les jours. Il raconte trois versions différentes d’une même histoire de couple avec une adolescente prise dans les tourments et les rêves du quotidien. On entre de plain-pied dans une cellule familiale, on accompagne une tranche de vie. Botelho a l’art de transformer des situations ordinaires pour nous les montrer sous un jour inhabituel et incisif. Le Poids des éponges invite à un regard à la fois lucide et distancié, légèrement décalé sur notre quotidien. Ici, le cocasse le dispute à l’étrange.










