« J’ai peur de prononcer une parole libre qui me sera fatale.»
Il était au pouvoir et soudainement, il ne l’est plus. Il a contribué à mettre en place la machine répressive de l’État, et maintenant, il la subit. D’un coup d’un seul et sans explications, on lui enlève tout, sa position, ses titres, ses amis, son honneur, sa liberté, sa raison.
Un an avant le soulèvement de son pays, Fadhel Jaïbi, grande figure du théâtre arabophone tunisien, invente l’histoire d’un homme de pouvoir, chef de l’exécutif dans une république «dattière», qui subit une disgrâce inexorable et tragique. Écrite et montée avec sa comédienne fétiche, Jalila Baccar, cette fable politique concentre tous les
travers et désarrois d’une société au bord de l’explosion. En 2010, le spectacle brave la censure pendant deux mois en plein Tunis. En 2011, il est devenu l’emblème de cette insurrection populaire qui a déclenché le «printemps arabe», la plus grande vague révolutionnaire de ces dernières décennies. Yahia Yaïch Amnesia est une oeuvre
universelle sur le totalitarisme et un spectacle historique, tant par son caractère prémonitoire que par sa portée.









