On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait. Nicolas Bouvier
En mettant en scène L’Usage du monde de Nicolas Bouvier, Dorian Rossel s’est attaqué à un monument de sa jeunesse, un mythe fondateur de la littérature de voyage, un classique de la littérature tout court. Le périple narré dans ce texte mène Bouvier de la Serbie aux portes de l’Inde. Il est âgé alors de 24 ans, voyage en compagnie de son ami Thierry Vernet à travers l’Iran, la Turquie ou l’Afghanistan à bord d’une Topolino sans âge. En chemin, il se fait dépouiller, gravit des montagnes infranchissables, parcourt son monde tel un Candide explorateur. Pour restituer les sons et les odeurs de cette toute personnelle «route de l’Inde», Dorian Rossel a choisi la nudité d’une scène plongée dans la pénombre. Pour
seul décor, une série de tables recouvertes de tissus chamarrés, ambiance de marché. Sur scène, ils sont trois acteurs et deux musiciens à restituer une voix qu’on écoute les yeux fermés tant elle nous emmène loin dans son sillage. Rossel procède par touches de couleurs, de lumières, de sons, comme s’il déroulait un carnet de voyage dont les vertus initiatiques étaient la curiosité et la découverte, l’apprentissage de soi et de l’autre.










