L'Éveil du printemps

Mise en scène Omar Porras / Teatro Malandro
D'après Frank Wedekind
Du mercredi 9 au dimanche 20 novembre 2011 à 20h30 (sauf dimanche à 17h). Relâche le lundi.

Censurée lors de sa parution en 1890, attaquant de front l’hypocrisie morale et un puritanisme exacerbé, L’Éveil du printemps est une œuvre prodigieusement actuelle. Explorant les frustrations et désirs, les révoltes et découvertes de l’adolescent appelé à devenir adulte, Omar Porras nous entraîne dans un conte initiatique et incantatoire.

Durée 1h45 sans entracte
Tarif C

Ce spectacle s'inscrit dans l'abonnement commun Théâtre Forum Meyrin / Théâtre de Carouge

L'essentiel

«Quand le cocon tombe, le papillon s’envole ; l’hallucination prend fin.»

Ils se prénomment Melchior, Moritz, Hänschen, Ernst ou Wendla, ils forment une bande d’adolescents qu’on pourrait croiser aujourd’hui dans un collège de Paris, Buenos Aires ou Genève, en proie à une sexualité naissante, avec son cortège de questionnements. Quid de la virginité, de l’avortement, de l’attirance mutuelle ou de la jouissance ? Des interrogations qui ont fait scandale lors de la parution du texte de Frank Wedekind, en 1891. À cette époque, le réalisme psychologique de l’auteur allemand et sa peinture des troubles manifestés par ces jeunes garçons et filles en fleur s’étaient confrontés à l’hypocrisie ambiante et à un système éducatif, religieux, parental, qui n’avait pour mot d’ordre et pour toute réponse que... le silence.

Avec L’Éveil du printemps, Omar Porras se confronte à un texte dont l’actualité ne semble
pas démentie, malgré les 120 années qui se sont écoulées. Le sujet est encore fâcheux, alors que son importance est toujours aussi cruciale et met en exergue les peurs et les désirs, la difficulté de grandir, la tentation d’éterniser l’enfance. Pour percer ce mur de morale, le metteur en scène nous entraîne dans une fable à la fois magique et cruelle, où la parole et la musique voilent et dévoilent les émotions adolescentes, en révélant à chacun son espace de liberté intérieure.

Générique

D'après Frank Wedekind
Mise en scène et adaptation Omar Porras
Traduction et adaptation Marco Sabbatini
Interprétation
Sophie Botte : Madame Gabor, Ilse et une jeune fille
Olivia Dalric : Madame Bergmann, La Directrice et une jeune fille
Peggy Dias : Frau Schmidt et une jeune fille
Alexandre Etheve : Alexandre Ethève : Hans et Herr Hungergurt
Adrien Gygax : Otto et Monsieur Gabor
Simon Hildebrand : un policier
Paul Jeanson : Melchior
Jeanne Pasquier : Wendla, Frau Knuppeldick et une jeune fille
François Praud : Moritz et le Pasteur
Anna-Lena Strasse : Martha et Frau Habebald

Assistant à la mise en scène Jean-Baptiste Arnal
Compositeur Alessandro Ratoci
Scénographie Amélie Kiritzé-Topor
Création costumes Irène Schlatter assistée de Amandine Rutschmann
Stagiaires costumes Samantha Landragin, Julia Studer
Couturière Cécilia Mottier
Perruques / maquillage Véronique Nguyen assistée de Julie Duriaux
Direction technique Olivier Lorétan
Régie plateau Jean-Marc Bassoli
Régisseur son Emmanuel Nappey
Régisseur lumières Mathias Roche
Accessoires Laurent Boulanger
Administration Florence Crettol
Communication Sara Dominguez

Production Teatro Malandro, Genève, Suisse

Coproduction Théâtre Forum Meyrin, Espace Malraux - Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, Centre National de Création et de Diffusion culturelles de Châteauvallon


Avec l’appui de la Ville de Genève – Département de la Culture, République et canton de Genève, Commune de Meyrin, Loterie Romande, Pro Helvetia – Fondation Suisse pour la Culture, Fondation Meyrinoise pour la Promotion Culturelle Sportive et Sociale, Fondation Hans Wilsdorf, Fondation Leenaards

Le Teatro Malandro est une compagnie en résidence au Théâtre Forum Meyrin


Photos Marc Vanappelghem

Revue de presse

"On se bornerait volontiers à déclarer: courez à Meyrin voir L'Eveil du printemps, la nouvelle création d'Omar Porras! Mais il faut apaiser le ravissement, dépasser l'émotion et tenter de saisir ce qui, dans ce joyau théâtral, consent à se fixer dans l'écriture. Un mur décati, par exemple, qui cache la forêt - féerique scénographie d'Amélie Kiritzé-Topor - mais pas le lent délabrement du vieux monde figé dans ses certitudes. [...]
Ecartant le pathos, mais pas le choc frontal, ce diable de metteur en scène humecte de larmes les rires les plus francs. [...] Surtout, il s'amuse invente, jongle avec les conventions, ose sans jamais relâcher le fil de son sujet. C'est une leçon de théâtre et elle est magnifique."

Lionel Chiuch, "Omar Porras ou l'art de l'enfance", La Tribune de Genève, 11.11.2011

 

"L’innocence à fendre les planches dans la gestuelle muette, segmentée et onirique, quasi ralentie, par laquelle débute L’Eveil du Printemps, s’en est subrepticement allée dès la première tirade adaptée de Frank Wedekind, à qui l’on doit la sulfureuse Lulu. A la candeur de l’enfance, le metteur en scène a substitué de petits pantins annonciateurs d’une sorte de farce, l’air ballot et le jeu forcé, décalé car interprété par des comédiens adultes.

On se dit alors qu’Omar Porras s’est fourvoyé. Qu’il a transposé cette tragédie du XXe siècle naissant – scandale à sa création en 1906, et pour cause – dans un comique à la Tex Avery, à quelque distance seulement de Molière et des fourberies de son Scapin, grand succès monté puis remonté à Genève. Comment lui, tout à la fois pirate et manitou de la scène, au bout de 20 ans de carrière à la tête de sonTeatro Malandro, renoncerait-il à surprendre?

Au contraire, le rire ne discrédite pas la profondeur dramatique. [...]

A vive allure comme il lui sied si bien, Omar Porras manie sa fresque de répertoires artistiques, cette fois-ci avant tout musicaux. Il entend sans doute séduire ainsi un public d’adolescents, et de parents, qui aurait encore aujourd’hui beaucoup à gagner d’une pièce étrangement actuelle qui stigmatise le suicide, la maltraitance, l’homophobie et l’absence d’éducation sexuelle. Une oeuvre mise au goût du jour avec fougue et brio."

Cécile Dalla Torre, "Comme une mauvaise herbe", Le Courrier, 11.11.2011

 

"Les beaux spectacles sont des songes qui échappent à la nuit. Le metteur en scène Omar Porras a rêvé L'Eveil du printemps de Frank Wedekind; il y a croisé des spectres, il en a respiré la brume. Au Forum Meyrin, son Eveil n'est pas seulement une merveille d'intelligence musicale, de savoir-faire théâtral, de rythme maîtrisé, c'est une création qui fait date, dans l'histoire d'Omar Porras, dans notre mémoire de spectateur. C'est que l'artiste de 48 ans s'était fait une réputation de maître farceur, briallant imagier toujours, chambellant de son désir. Avec L'Eveil, traduit pour la circonstance par Mario Sabbatini, il affronte pour la première fois les ombres d'une tragédie, enfantine et assassine. [...]
Omar Porras n'exploite paas seulement les ficcelles de l'art. Il suggère la fatalité du conditionnement social, ces discours qui coulent de source et qui ne sont que le legs malfaisant du passé. [...]
Sur la terre meuble voulue par Amélie Kiritzé-Topor, il se passe alors ceci de beau: un à un, les comédiens jettent masques et postiches, tout en jouant, comme pour revenir à la vie. Comme pour souffler que le théâtre est un accoucheur de vérité intime. Une fois, que la scène a accompli son travail, elle laisse tomber l'accessoire. Melchior vivra. Et le spectateur emportera avec lui un peu de son printemps. Le tragique selon Porras, c'est aussi ça: se délester de l'artifice pour toucher à l'essentiel, le désir fait poème."

Alexandre Demidoff, "La verve tragique d'Omar Porras", Le Temps, 15.11.2011