Les Cabots

Création et interprétation Guilherme Botelho et Omar Porras
Mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 février 2012 à 20h30, samedi 25 février 2012 à 19h

Inventés par deux artistes passés maîtres dans leur discipline, Omar Porras pour le théâtre et Guilherme Botelho pour la danse, les cabots sont un duo de clowns métaphysiques. Reliés par une forme d’intensité créatrice et un sens indubitable de l’image, ils explorent la possibilité d’une expression commune, duelle, authentique.

Durée 50 min.
Tarif C

L'essentiel

«Loin de nous l’idée de nous gargariser ; au contraire, nous voulons tous deux faire de cette oeuvre l’occasion d’une expérience autre. L’occasion de bouger nos styles et nos imaginaires.»

Les Cabots est un titre à multiples entrées. Si « cabot » qualifie le chien dans le parler populaire ou le caporal dans l’argot des casernes, il désigne dans le milieu du spectacle ces comédiens de médiocre talent aux manières affectées. Or, chien, cabotin et petit tyran pointent le bout de leur nez dans cette création hybride.

Réunis pour la première fois sur scène, les créateurs d’Alias et du Teatro Malandro se lancent dans un projet inhabituel et inclassable, à la jonction des arts qui fondent le succès
international de leurs compagnies respectives, en résidence au Théâtre Forum Meyrin. Car si l’on peut dire d’Omar Porras qu’il est un metteur en scène qui aime le mouvement, on peut tout autant affirmer de Guilherme Botelho qu’il est un chorégraphe qui aime le théâtre. Ensemble, ils composent un duo de clowns métaphysiques, reliés par une forme d’intensité créatrice et un sens indubitable de l’image. Pour ces Cabots, ils explorent la possibilité d’une expression commune, duelle, authentique. Le dispositif est réduit à sa plus simple expression : de la musique, une table et deux hommes en complets sombres, semblables. Dans une suite de saynètes conjointement abstraites et concrètes, ils campent des personnages empreints d’un humour corrosif mais de gravité aussi, et font de la scène le miroir critique de notre temps.

Générique

Conception et interprétation Guilherme Botelho et Omar Porras

Assistant Fabio Bergamaschi
Conseillers artistiques Mathieu Menghini et Fabiana Medina
Scénographie et costumes Gilles Lambert
Lumière Daniele Milovic
Perruques et maquillage Véronique Nguyen
Réalisation costumes Mireille Dessingy
Son Andrès Garcia
Direction technique Olivier Lorétan

ALIAS
Administration Cécile Buclin
Diffusion et communication Richard Afonso

TEATRO MALANDRO
Administration Florence Crettol
Média et communication Sara Dominguez

Production Alias et Teatro Malandro

Coproduction Théâtre Forum Meyrin

Avec l’appui de
 La Ville de Genève, Département de la Culture 
République et Canton de Genève, Fondation Meyrinoise pour la Promotion Culturelle Sportive et Sociale, Fondation Leenaards

Alias est une compagnie associée au Théâtre Forum Meyrin et au Théâtre du Crochetan.

Teatro Malandro est en résidence au Théâtre Forum Meyrin.

Alias et Teatro Malandro sont, chacune dans leur domaine, les premières compagnies de Suisse romande à être soutenues conjointement par la Ville de Genève, l’Etat de Genève, Pro Helvetia et une commune genevoise: Meyrin.



Photos Pierre-Yves Le Louarn Marc Vanappelghem, Teatro Malandro & Alias   


Durée 50 min

Revue de presse

Omar Porras et Guilherme Botelho réunis sur un plateau? La rencontre entre le théâtre festif de l’artiste colombien et la danse énergique du Brésilien s’annonçait explosive. Nenni. Les Cabots est un hommage mélancolique à la scène. Une quête attachante de deux explorateurs du jeu qui retournent aux sources du rire et de la poésie. [...]

Après s’être jaugés, les clowns en costard entament des joutes burlesques où quand l’un rit, l’autre pleure. Regard ironique sur le rapport de force qu’implique tout travail artistique. Pas de parole, ou presque. Les frères ennemis se mesurent en mouvements autour du mobilier qui semble avoir une âme. Clin d’œil à Keaton et ses objets animés.

Marie-Pierre Genecand, "La quête mélancolique", Le Temps, 22.02.2012

 

Longtemps, ils se sont reniflés. Le Brésilien et le Colombien. L'un et l'autre nourris des mouvements du corps et explorant des champs artistiques limitrophes. [...]

Ensemble, ilsont donc conçu Les Cabots, do saisissant et quasi "beckettien" qui mêle le théâtre de l'absurde et le burlesque américain des années 1920, en passant par la danse, le cirque et la pantomime. 

Lionel Chiuch, "Guilherme Botelho et Omar Porras en "chiens" de la scène", Tribune de Genève, 21.02.2012

 

Entre théâtre et danse, les "patrons" du Malandro et Alias interrogent leur passion commune pour la scène

"Né de la volonté d'interroger leur passion commune, mais aussi de longues heures d'improvisations sur les symphonies de Malher revisitées par Uri Caine, ce spectacle voit Porras s'ouvrir au discours spontané du mouvement et Botelho à la création d'un personnage théâtral dans la recherche des virtualités de la présence de corps humains en scène: corps dansant, corps théâtral, corps marionnette, corps signe, etc.",  explique Mathieu Menghini, directeur de 2004 à 2010 du Théâtre Forum Meyrin. 

Cela s'appelle Les Cabots, ce qui dit bien le jeu, toute la distance aussi avec eux-mêmes dont sont capables les deux beaux imaginaires qui se croisent ici. Rendez-vous rare.

Elisabeth Chardon, "Omar Porras et Guilherme Botelho cabotinent à Meyrin", Sortir, Le Temps, 16.02.2012

Entretien avec Guilherme Botelho et Omar Porras

Mathieu Menghini : Comment est née l'idée de votre association ?

Omar Porras : D'abord de ce fait que nous sommes tous deux, Guilherme et moi, assoicés au Théâtre Forum Meyrin (depuis l'ère Aebersold). Ce lien a généré entre nous une attention particulière de l'un pour l'autre, et notamment pour nos créations respectives.

Guilherme Botelho : Ensuite, ton départ du TFM, Mathieu, à l'été 2010, nous a semblé l'occasion d'imaginer une « attention » commune sous la forme d'une performance. Et nous avons – tous deux – pris grand plaisir à nous retrouver, à improviser ensemble.

Omar Porras : D'où l'idée de prolonger l'exercice et de nous donner – avec ton apport dramaturgique, cette fois – un objectif plus ambitieux : la création d'un spectacle original.

 

MM : Quand je vous ai rejoints, vous disposiez déjà d'une certaine matière.

GB : Oui, plusieurs séquences improvisées que nous cristallisons aujourd'hui en soignant les jointures, les ruptures entre les scènes et en imaginant de nouvelles séquences qui ajouteront au sens de l'ensemble.

OP : Un peu par hasard, nous somme spartis d'un disque que j'avais reçu au cours d'une tournée : les compositions d'Uri Caine très librement inspirées de certaines symphonies de Gustav Mahler.

GB : A cette musique, se sont ajoutés le choix de costumes « classiques » (deux complets sombres, semblables) et un unique accessoires : une table. Une table qui, sans doute, va se métamorphoser au cours des différentes scènes.

OP : Ce dispositif assez simple, de prime abord, sera complété vraisemblablement par un travail de bruitage et peut-être quelques surprises scénographiques...

 

MM : En voyant la captation de vos premières improvisations, j'ai immédiatement pensé à deux « clowns métaphysiques », comme on dit. Emanent des personnages beaucoup d'humour, mais aussi une gravité latente, tragique.

OP : Tout à fait. Guilherme, d'ailleurs, m'a à plusieurs reprises parlé de Beckett, de son théâtre, mais aussi de ses romans. Certaines séquences, dont nous ne savons aujourd'hui encore si elles demeureront, me font également penser à La Strada de Fellini.

GB : Omar a cette faculté d'être une éponge : il saisit tout ce qu'il voit ou entend et parvient insensiblement à le réutiliser dans le travail.

OP : Et Guilherme a, lui, ce mérite de parvenir à me canaliset et, plus largement, d'aider à la structuration du travail.

 

MM : Un mot de votre titre de travail : Les Cabots. Je l'aime bien. « Cabots » qualifie les chiens dans le parler populaire, mais aussi les caporaux dans l'argot des casernes ; or, chiens et petits tyrans pointent le bout de leur nez dans vos premières esquisses. Quant à la troisième signification, celle péjorative de « comédiens de médiocre talent », elle m'apparaît paradoxalement de bon augure : en effet, deux grands artistes de la scène – au demeurant et respectivement plus souvent chorégraphe et metteur en scène qu'interprètes, aux esthétiques distinctes et fort affirmées, se décidant à partager la scène ne manqueront pas d'éveiller le soupçon de la complaisance. Ce titre et l'attitude généreuse qui est la vôtre dans le travail, la prise de risque que révèlent les répétitions sont gages d'une collaboration authentique, d'un partage vrai, évitant toute flagornerie.

OP et GB : C'est effectivement important. Loin de nous l'idée de nous gargariser ; au contraire, nous voulons tous deux faire de cette oeuvre l'occasion d'une expérience autre, hors de nos sentiers ordinaires. L'occasion de bouger nos styles et nos imaginaires.

                                                                              Propos recueillis par Mathieu Menghini