Hamlet

D'après William Shakespeare
Mise en scène Jean-Luc Revol
Jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h

De toutes les œuvres de Shakespeare, Hamlet est la plus puissante, la plus vertigineuse. Dans une ambiance de neige et de terre battue, dans des costumes maladivement somptueux pour montrer un pouvoir en plein déclin, Jean-Luc Revol monte cet insubmersible chef-d’œuvre avec Philippe Torreton dans le rôle-titre.

Durée 2h30
Tarif A


Accueil réalisé en collaboration avec le Service culturel Migros Genève

L'essentiel

«Cette pièce contient le théâtre et contenant le théâtre, elle contient le monde comme cette coquille de noix renfermant un royaume infini.» Philippe Torreton

Les spectateurs ne se lassent jamais de la voir. Les comédiens ne se fatiguent jamais de la jouer, ni les metteurs en scène de la monter, ni les spécialistes de l’examiner, ni les psychologues et les philosophes de se pencher dessus. Par quelle magie une pièce de théâtre peut-elle garder un tel pouvoir de siècle en siècle ? De toutes les oeuvres de
Shakespeare, Hamlet demeure la plus puissante, la plus résistante, la plus contemporaine, la plus vertigineuse. Est-ce parce qu’elle mêle des apparitions de fantômes à des réflexions poignantes sur la destinée humaine ? Est-ce parce que son jeune héros découvre brutalement toute la face sombre des hommes, et nous renvoie à notre nostalgie de l’enfance et de l’innocence ? Metteur en scène rompu au théâtre contemporain et classique, Jean-Luc Revol monte cet insubmersible chef-d’oeuvre avec Philippe Torreton dans le rôle-titre.

Une ambiance fantastique de neige et de terre battue, des costumes maladivement somptueux pour montrer un pouvoir en plein déclin, une scénographie qui fait la part belle au jeu des comédiens, une distribution de grande qualité. De quoi se laisser, une fois de plus, emporter par la beauté crépusculaire de Shakespeare.

Générique

Mise en scène Jean-Luc Revol assisté de Laurent Courtin
Interprétation Anne Bouvier, Frédéric Chevaux, Georges Claisse, Jean-Marie Cornille, Franck Jazédé, José-Antonio Pereira, Romain Poli, Régis Romélé, Catherine Salviat, Vincent Talon, Elrik Thomas, Cyrille Thouvenin, Philippe Torreton 

Décor et scénographie Sophie Jacob
Costumes Eymeric François
Lumières Bertrand Couderc
Perruques et coiffures Antoine Wauquiez

Production déléguée MCNN – Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre
Coproduction Festival des Fêtes Nocturnes du Château de Grignan, TCF – Théâtre du Caramel Fou, Comédie de Picardie, Théâtre André Malraux – Rueil-Malmaison, Espace Jacques Prévert – Aulnay-sous-Bois, Théâtre Forum Meyrin, Théâtre du Vésinet, Théâtre de Romans-sur-Isère, Arcachon Culture

Photos D.R., Claire Besse, Andy Parant pour les Fêtes nocturnes du Château de Grignan

Entretien

Jean-Luc Revol: En fait, c'est une envie commune, Philippe Torreton et moi-même, de prendre à bras le corps ce personnage et de travailler ce spectacle, voilà. C'est venu d'un désir commun et je dois dire que… alors, c'est peut-être un peu un luxe, mais c'est en même temps stimulant et rassurant justement, voilà. Et alors évidemment, quand il m'en a parlé, d'Hamlet, ça fait un petit peu peur au début, mais ça fait peur aussi parce que c'est extrêmement référencé par rapport à ce que vous dites, on se dit : "ah oui, mais alors celui-ci l'a abordé comme ça, celui-là l'a abordé comme ça", et puis finalement, on met ça dans un coin de sa tête et puis on essaie d'aborder la chose le plus simplement et le plus humblement possible, voilà, après…

Philippe Torreton: En voyant un jour Grignon, ce château, cette sublime idée du Conseil Général qui consiste à se dire: plutôt que faire un festival où on aura dix, quinze, vingt spectacles, autant financer un spectacle et on va le jouer quarante fois. Et ben, je trouve ça… c'est une pensée quasiment villardienne, je trouve, parce que c'est penser aux gens. La plupart des festivals ne pensent finalement pas aux gens, pensent à eux-mêmes, pensent au théâtre - c'est déjà pas mal.

Anne Brüschweiler: Vous pensez qu'Hamlet peut leur donner envie d'y aller ?

Philippe Torreton: Oui, parce qu'Hamlet, c'est écrit pour ça. C'est une écriture populaire, c'est un langage théâtral puissant parce qu'il s'adressait à un public volatile, à la fois exigeant, inattentif, volatile et hétéroclite. C'est une arme de guerre l'écriture shakespearienne - je ne parle pas seulement d'Hamlet. C'est écrit pour capter l'attention, pour ne pas la lâcher, et il y a des personnages qui sont même inventés et récurent pour soulager un peu le gros texte qu'on vient d'avoir. Donc, dans Hamlet, c'est Rosencrantz et Guildenstern, c'est aussi Osric, qui participent de cette tradition quasi clownesque. C'est peut-être les gardes du début aussi, d'une certaine façon, mais dans Henry V, il y avait Pistolet, Filou, etc., Falstaff d'une certaine façon - qui n'est pas dans Henry V, mais qui est avant. Mais, dans chaque grande pièce shakespearienne, il y a des clowns pour divertir, pour dire: "Ne zappez pas ! Attendez ! Restez là ! On va rigoler un petit peu, puis après on va retourner au drame, vous allez voir". C'est cette façon qu'il a de toucher les étoiles et de s'adresser à tout le monde.