« Trois histoires individuelles de Svetlana Alexievitch broyées par l’Histoire de l’Union Soviétique et échouées sur le bas-côté de la route du Temps. Une dignité magistrale. (…)
Christine Nissim, Stéphanie Schwartzbrod et Bernard Waver, séparés dans des espaces découpés de lumière, foulent alternativement la scène de cette dignité magistrale qui transgresse la douleur. Ce sont des fragments de vie, des ombres d’existence racontant sobrement l’inouï. La faute coupable est insaisissable, si ce n’est ce rêve menteur de jours meilleurs qui rend aveugle. »
Véronique Hotte, La Terrasse
« Un spectacle terrible et magnifique, éprouvant, réduit à l'os des mots. »
La Croix
« Si l’on ne compte plus les adaptations au théâtre du travail de Svetlana Alexievitch, c’est sans doute parce qu’il s’incarne naturellement sur scène. La journaliste biélorusse recueille la mémoire de « l’homo sovieticus» et la réécrit à la première personne, dans un style direct. Ce spectacle s’appuie sur trois récits, tirés de l’une de ses premières enquêtes, réalisées immédiatement après la chute de l’URSS, auprès d’ex-Soviétiques soudain suicidaires(…) Trois paroles coups de poing pour trois acteurs au plus près de leur texte, dans la mise en scène de la plus grande sobriété signée Nicolas Struve. Et le théâtre est à l’œuvre. »
Emmanuelle Bouchez , Télérama
« Bernard Waver, Christine Nissim et Stéphanie Schwartzbrod endossent ces personnages ou plutôt ils les tiennent par la main, en montrent tendrement la complexité, nous entraînent au cœur de ces êtres où la frontière entre la foi et l'aliénation est ténue. Le théâtre est aussi un art de l'écoute. Ils sont à l'écoute de leurs personnages comme Svetlana Alexievitch était à l'écoute de Vassili, Margarita et Anna. »
Jean-Pierre Thibaudat, Rue89
« Une tentative de théâtre documentaire assumée. La mise en scène de Nicolas Struve joue l’épure, se préserve de toute ostentation. (…) On est dans la confession (mais il est question de foi, non?) et nous sommes ces confesseurs silencieux, invisibles auxquels ils s’adressent dans un ultime sursaut de vie et de dignité. Un tel spectacle questionne le sens de l’engagement communiste, et ces paroles murmurées obligent à repenser cet idéal à l’aune de ces expériences que seul un aveuglement entêté a laissé partir à la dérive. « Ne pas perdre ce qui nous reste d’espérance et d’humanité », dit Nicolas Struve. Peut-être qu’il est temps d’apprendre à conjuguer liberté et révolution…
Marie-José Sirach, L’Humanité
« La mise en scène est assez rudimentaire : quelques éléments de mobilier, un petit espace et une chaise chacun, mis en place à vue, sans artifices, les acteurs donnent leur numéro l'un après l'autre. C'est donc sur eux que tout repose, en tout sérénité. Tous trois sont merveilleux. Mais dans un espace sobre et exigu, Stéphanie Schwartzbrod se distingue par un jeu d'une richesse étonnante. Avec très peu de choses, Anna M. semble contenir tout un monde qui se dévoile en partie, mais laisse deviner l'essentiel.
C'est une symphonie, une fascination joyeuse de chaque instant cette Histoire terrible pourtant qui nous parle au cœur. Peut-on dire merci ? Alors merci. »
Hervé Charton, Artistik Rezo
« Trois magnifiques acteurs, Bernard Waver, Stéphanie Schwartzbrod, Christine Nissim, incarnent sans jamais verser dans un psychologisme larmoyant Margarita, Anna, Vassili. Ils forcent le respect pour ces hommes et ces femmes dont les vies nous renvoient en plein cœur à des questions aussi essentielles que le sens que nous lui donnons. « Eux croyaient en un avenir meilleur et nous, au nom de quoi avons nous renoncé ? A quoi tenons-nous ? A quoi tiennent nos vies ? » Sur scène les étoiles de la grande ourse sont devenues rouges. »
Véronique Klein, Mediapart