Théâtre
Der Extremist
Yuri Andruchowytsch - Manfred Ferrari
Dimanche 29 mai 2016 à 20h30

Durée 1h15

Tarif
Plein 30.-| Réduit 20.- | Professionnels 10.-
Pass Forum 20.- | Pass Jeune 10.-

En Allemand, surtitré Français / Anglais

Dans le cadre de la Rencontre du Théâtre Suisse

www.rencontre-theatre.ch

L'essentiel

Trois musiciens contre un acteur. Torture contre Chopin. Chopin contre kalachnikovs. Grand Hotel contre révolution. Et au bout de tout cela, un meurtre ?

L’extrémiste d‘Yuri Andrukhovych oppose l’inconciliable. La compagnie indépendante grisonne ressort K, réunie autour de son metteur en scène Manfred Ferrari, propose (en coproduction avec Theater Chur), à la Postremise Chur, une juxtaposition tranchée de textes fonctionnant comme un sombre scherzo de Dimitri Chostakovitch.

L’auteur ukrainien a écrit la pièce pour la troupe grisonne et y a inscrit sa propre situation d’artiste vivant loin de son pays. L’action se déroule dans un hôtel suisse à la transition entre haute et basse saison. Le dernier couple d’habitués finit par partir ; enfin libre, l’orchestre maison peut cesser d’égrener ses sempiternelles rengaines (le « tube de la saison » était un oldie, la chanson du Caumasee) et se lâcher dans des jam sessions, mêlant les styles à sa guise. Or voici que le passé fait irruption.

Ce cadre peu contraignant accueille deux monologues. D’une part le musicien exilé Theodor, incarné par Jürg Kienberger, avec sa voix reconnaissable entre mille et son arsenal d’instruments, soutenu par les instrumentistes Vera Kappeler et Peter Conradin Zumthor. D’autre part Teophil, chef de la sécurité d’un dictateur auquel l’acteur Samuel Streiff prête son tranchant glacial. Mais le rôle principal revient à la musique, qui lie et confronte à la fois ces protagonistes on ne peut plus opposés. Elle culmine en un morceau de Chopin joué sur quatre (enfin presque) harpes de verre. Durant la lointaine révolution, tous avaient joué un rôle ; mais ces rôles restent-ils les mêmes lors de cette nouvelle rencontre inattendue ?

La musique, le cadre, des liens cachés, un texte qui tisse des liens point trop serrés entre histoire personnelle, sphère politique, le contexte suisse et la grande histoire universelle : cela fait beaucoup pour une soirée concentrée en une représentation d’à peine une heure.

Mais il n’y a pas de surcharge ; les motifs se mêlent et produisent une tonalité tout à fait singulière.

Tobias Gerosa

Générique

Avec Jürg Kienberger, Vera Kappeler, Samuel Streiff, Peter Conradin Zumthor
Scénographie Sebastian Werlen
Costumes Ursina Schmid
Régie son Martin Hofstetter

Production ressort k - Theater Chur

À l'affiche