Bolivar : fragments d’un rêve

Texte William Ospina / Mise en scène et adaptation Omar Porras
Teatro Malandro
Du mardi 28 septembre au dimanche 10 octobre 2010 à 20h30 (les dimanches 3 et 10 oct., à 17h, relâche le 4)

Durée 1h40
Tarif C

En Amérique du Sud, il est le Libertador. Raconté par la plume de l'écrivain William Ospina, son dernier voyage le long du fleuve Magdalena prend les allures d'un poème épico-musical. Un spectacle qui marque les 20 ans du Teatro Malandro, troupe en résidence à Meyrin.

Ce spectacle s'inscrit dans l'abonnement commun Théâtre Forum Meyrin / Théâtre de Carouge / Théâtre Le Châtelard

Spectacle en espagnol surtitré en français

L'essentiel

« Il faut parler du mythe. Remonter non seulement aux sources d'Omar Porras, mais aux sources du théâtre, de l'histoire. » Omar Porras

En Amérique du Sud, il est le Libertador. L'homme qui, dès 1813, lutta pour l'indépendance d'un continent sous le joug des colons espagnols et dont les statues fleurissent aujourd'hui de Paris à Buenos Aires. Une icône et un symbole. Pour cette version 2010, le Simon Bolivar du Teatro Malandro, Hercule des temps modernes, affronte une série de péripéties qui sont autant de pierres à l'édification de son mythe. Seul face à son destin, accompagné ici par des musiciens, là par des figurants.
Raconté par la plume de l'écrivain William Ospina, ce dernier voyage le long du fleuve Magdalena prend les allures d'un poème épico-musical dans la mise en scène et adaptation d'Omar Porras. Une odyssée phénoménale et envoûtante nourrie de compositions originales, de mélodies et chants inspirés de musiques vallenatos et llaneras. Un spectacle qui marque les 20 ans d'une compagnie en résidence au Théâtre Forum Meyrin depuis 2003.

Générique

Texte William Ospina
Adaptation et mise en scène Omar Porras
Assistante à la mise en scène Jane Piot
Composition et direction musicale Erick Bongcam
Interprétation Omar Porras, Carlos Gutierrez, Juanita Delgado, Zoraida Rojas, Erick Bongcam, Elio Seliano Patiño, Yeison
Carrillo, Luis Carlos Celis, Andrés Rodriguez, Luis Eduardo Garzón
Création scénographie et accessoires Amélie Kiritzé-Topor assistée par Julian Hoyos
Création costumes Adan Martinez
Postiches Herman Santa Cruz
Construction décor Carlos Gonzalez et Jean-Marc Bassoli
Accessoiristes Alveiro Riaño, Simon Rojas et Laurent Boulanger
Direction technique Cécile Bickart
Régie plateau Jean-Marc Bassoli
Son Maxime Humbert
Lumière Mathias Roche
Habilleuses Marucha Castillo
Traduction de l’espagnol Tania Roelens

Production Teatro Malandro, Genève, Suisse
Coproduction Théâtre Forum Meyrin, Genève - Suisse, Teatro, Colon-Ministère de la Culture - Colombie, Grec Festival, Barcelone-Espagne, Espace Malraux, Chambéry - France,
Centre National de Création et de Diffusion Culturelles, Châteauvallon - France (dans le cadre d’une résidence de création)
Avec l’appui de la Ville de Genève - Département de la culture
Avec le soutien de la République et Canton de Genève, de la Commune de Meyrin, Pro Helvetia, Fondation Suisse pour la culture, Fondation Meyrinoise pour la Promotion Culturelle Sportive et Sociale et ALODHE, association théâtrale de Bogota - Colombie.

Le Teatro Malandro est en résidence au Théâtre Forum Meyrin.


Photos Julian Arango, Josep Aznar

Entretien sur Bolivar

Démythifier la statue de bronze
Entretien avec Omar Porras sur "Bolivar :  fragments d'un rêve"

AB: De Bolivar, fragments d'un rêve, vous n’aimez pas que l’on dise que c’est le spectacle du retour aux sources

Omar Porras: Je crois que quand on fait une œuvre, on est toujours obligé d’aller aux sources. Le fait que je fasse un spectacle en espagnol, sur un thème qui touche l’Amérique latine, me renvoie à cette image de retour aux sources.
Mais il faut plutôt parler du mythe, remonter non seulement aux sources d’Omar Porras, mais aux sources du théâtre, de l’histoire. S’il y a quelque chose qui a marqué l’histoire du Teatro Malandro, c’est le fait d’avoir activé différents mythes : Quichotte, Dyonisos, Faust, Don Juan…  Bolivar est l'un de ces personnages mythiques ; bien qu’il ait réellement vécu, pour nous, en Amérique latine, c'est devenu un mythe.
C’est peut-être la figure la plus représentative de tout le sous-continent : l'un des premiers qui ait réussi à libérer les colonies, un grand missionnaire qui a su prendre parti et s’inspirer de ce qui se passait, notamment en Europe, en ce temps-là. La Révolution française l’a profondément marqué et inspiré, mais aussi la constitution de l’Angleterre et l’indépendance des Etats-Unis.

AB: Une figure de héros ?

Omar Porras: On en a fait une statue de bronze, moi je veux le démythifier. Je ne veux pas montrer le héros inaccessible, invincible. Je veux parler de l’homme. Quand on parle d’Omar Porras là-dedans, c’est qu’il y a quelques parallèles : latino-américain, exilé… En quelque sorte, Bolivar est un artiste, il se voit dans la nécessité de créer un monde, un univers qui paraît idéaliste.
Je ne voulais pas parler du Bolivar historique, bien que nous ayons fait une analyse en profondeur. Ce qui nous intéresse c’est de montrer que Bolivar, c’est un rêve, et que ce rêve existe toujours en Amérique latine. Nous y sommes tous impliqués, nous avons tous le même rêve : l’indépendance, la liberté.

AB: Et ce n'est pas gagné…

Omar Porras: On peut se poser la question de savoir si Bolivar a réussi à accomplir son rêve… Je ne crois pas. Deux siècles après sa mort, on se pose toujours la même question. Quand on voit la situation de certains états de l’Amérique latine ou, sans vouloir comparer, ce qui se passe en Palestine, en Afghanistan, partout dans le monde… C’est une question universelle : la liberté, l’indépendance.

AB: On dit que ce spectacle est différent de tout ce que l’on connaissait de vous.

Omar Porras: Ça veut dire que je fais bien mon travail, que je n’ai pas trouvé une formule ou une méthode. En tant qu’artiste, je vais chaque fois à l’endroit de l’inconnu. Mon imaginaire n’est pas figé. Je pense que la qualité d’un artiste c’est cette possibilité de se réinventer lui-même, chaque jour, avec chaque œuvre. Je vais décevoir ceux qui viennent chercher du déjà fait.  Et si on veut voir un Bolivar comme celui qu’on a appris à l’école, ce n’est pas au théâtre qu’il faut aller, c’est au musée.

 

Propos recueillis par Anne Brüschweiler, juillet 2010

"Bolivar : fragments d'un rêve" à voir au Théâtre Forum Meyrin du 28 sept. au 10 oct.
- 1er oct. à l'issue de la représentation : Concert de musique colombienne traditionnelle avec les musiciens du spectacle, à l'occasion des vingt ans de la compagnie du Teatro Malandro.
- 9 oct. à 17h : Dialogue entre l'auteur, William Ospina, et Omar Porras, metteur en scène, sur la Genèse d'un projet théâtral