C’est
un géant vieux de 500 ans qui bouscula le Français – la langue, donc
les hommes – comme personne. Sans le savoir, nous le citons à toutes les
sauces : lors d’un repas pantagruélique, au lendemain d’une fête
gargantuesque, quand nous nous moquons des moutons de Panurge ou que
nous cherchons en toute chose la substantifique moelle.
François
Rabelais, médecin et écrivain de la Renaissance, parodiait les princes
et les prélats dans des récits héroïco-comiques qui tiennent aussi de
l’épopée et du conte (a)moral. Sa liberté de ton et sa paillardise lui
valurent plus d’une mise à l’index, Calvin lui-même l’ayant associé «
aux libertins et aux pourceaux ».
Rabelais, un esprit moderne.
Cinq
siècles plus tard, l’homme est entrée au panthéon littéraire, on salue
sa verve salutaire. Et l’on découvre, non sans surprise, la modernité de
certains propos sur l’argent et l’épargne, sur les femmes, le mariage,
la politique, la mentalité moutonnière et les foules fanatiques.
Comment
mieux célébrer Rabelais qu’en invitant tout le monde à table à
l’arrivée du printemps, en compagnie de quelques artistes s'associant
pour restituer la langue et l’esprit du vénérable humaniste ?
« Voiant le dueil qui vous mine & consomme / Mieulx est de ris que de larmes escrire, / Pour ce que rire est le propre de l’homme. »
Rabelais
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Photo: Calligramme de la Dive Bouteille : bibliothèque municipale de Lyon (Rés. 807 489 / Lyon, Jean Martin, 1567)









