«Sommes-nous responsables de nos actes ? Nos actions ne révèleront-elles pas après coup leur sens véritable, aboutissant à un résultat inverse à celui visé ?»
Il ne le sait pas, mais il va tuer son père et coucher avec sa mère. Un oracle l’a prédit, c’est donc inévitable. Ses parents veulent échapper à cette malédiction en abandonnant leur fils, en lui cachant ses origines, en l’oubliant, mais rien n’y fera. OEdipe n’échappera pas à son destin. Qui le peut ?
La compagnie française Les Anges au plafond s’est fait une belle réputation dans l’Hexagone avec ses marionnettes en papier, manipulées à vue par des comédiens qui jouent tout en manoeuvrant leurs personnages. De l’histoire originelle d’OEdipe, elle a imaginé l’épopée d’un migrant arraché à sa famille dès son plus jeune âge. Animé par l’espoir fou de déjouer la fatalité, il se jette à la mer, quitte à se brûler les ailes. Joué sur un radeau suspendu tel un plateau de théâtre à la dérive, accompagné par une partition rock, le spectacle nous emmène dans une errance haletante au milieu de la mer du monde. Les marionnettes tombent des cintres comme du ciel, les poulies, perches et trappes s’actionnent sous les yeux des spectateurs placés au coeur d’un dispositif scénique conçu comme une machine infernale. Des images, de la musique, de l’humour, assez peu de mots. Une très belle fable sur le courage qu’il faut pour aller à l’encontre de son destin et partir en quête d’une identité propre.










