Ariane dans son bain

Théâtre en appartement
Exclusivement réservé aux habitants de Meyrin
Du 19 au 25 mars 2012

Tiré de Belle du Seigneur, chef-d’oeuvre absolu d’Albert Cohen, ce soliloque écrit en 1968 pourrait avoir été écrit hier : Ariane est dans son bain, et parle toute seule. Elle se prépare pour Solal, son amant, imagine leurs retrouvailles, et digresse sur l’amour, le cou des girafes, la féminité, entre autres…

Denis Maillefer, avec la complicité de la comédienne Aline Papin, vous propose une mise en lecture dans votre salle de bain. Une expérience aquatique détonnante, toute en élégance.

Infos pratiques

J’habite Meyrin et je suis intéressé(e). Que dois-je faire ?

1. Choisissez une date à votre convenance entre le 19 et le 25 mars
2. Vérifiez sa disponibilité en téléphonant au Théâtre Forum Meyrin
3. Conviez vos amis (autant que peut en contenir votre salle de bains)
4. Un membre de la compagnie se mettra en rapport avec vous
5. D’entente avec vos amis, prévoyez une collation
6. Le Théâtre Forum Meyrin prend en charge le cachet des artistes

Renseignements et réservation au 022 989 34 00 ou  par courriel

L'essentiel

«Eh bien non on ouvre la bouche trois points d’exclamation et alors il y a le tumulte la confusion des langues comme on dit dans l’Ancien Testament.»

Inauguré l’an dernier, le rituel du Théâtre en appartement a donné lieu à de belles soirées de partage autour de deux pièces jouées dans une dizaine de foyers, à Meyrin. Cette année, ce ne sont pas les salons, mais les salles de bains meyrinoises qui tiendront lieu de théâtre dans la proposition qui nous vient de l’un des metteurs en scène les plus créatifs de Suisse romande, Denis Maillefer.

On devine que c’est une expérience de proximité à laquelle nous convie Denis Maillefer. Proximité avec l’actrice, dont on admirera le jeu précis, détaillé, où chaque intonation, chaque geste sera reçu en finesse, sans aucun filtre. Proximité aussi avec une langue incroyablement moderne et subtile, celle d’Albert Cohen, qui se déploie ici dans toute sa splendeur, son érotisme délicat, sa drôlerie.

Générique

D'après Albert Cohen
Mise en scène Denis Maillefer
Jeu Aline Papin
Compagnie Théâtre en Flammes

Photos Catherine Monney

Revue de presse

Imaginez la scène. Une femme, nue dans son bain, monologue pendant quarante minutes en attendant son amant. Elle s’interroge sur la puissance des caresses de ce dernier, sur l’impuissance de ses propres attouchements alors que vous vous trouvez à cinquante centimètres de la baignoire, coincé dans la salle d’eau d’un ami, au milieu de 8 autres personnes entassées dans le lieu exigu… La situation pourrait être des plus gênantes, la promiscuité entre la "salle" et l’artiste à la limite du supportable. Pourtant, on ressort de la salle de bain étonné que les 40 minutes soient déjà écoulées, charmé par le texte à l’humour coquin d’Albert Cohen et préservé de l’impudeur de la proximité avec la comédienne grâce à une subtile mise en lumière de Denis Maillefer. Bref, si Ariane dévoile l’intimité de ses pensées, elle permet aux spectateurs de garder une distance toute théâtrale.

Aline Bachofner, "Ariane dans son bain : une expérience théâtrale intime et inédite", La Vie protestante, novembre 2011

 

Nous ne sommes pas à Cologny, dans la villa cossue d'Adrien Deume. La scène se déroule à Conche, chez un particulier quia mis sa salle de bains à disposition. Tout à l'heure, il y aura une petite collation. D'ici là, nous nous concentrons sur les mots et le jeu d'Aline Papin, la jeune comédienne que le metteur en scène Denis Maillefer a entraînée dans l'aventure. Il lui faut faire avec l'exiguïté des lieux, la promiscuité, l'eau qui refroidit peu à peu. Avec talent, jouant des inflexions de la voix, elle nous entraîne dans la logorrhée de son personnage, versant volontairement dans l'anachronisme quand elle entonne la chanson de Titanic.

On songe alors à la fameuse blague: «Il faudrait voir ça chez soi», et c'est justement ce que permet le théâtre en appartement.

Lionel Chiuch, "Ariane dans votre baignoire", Tribune de Genève, 05.11.2011

 

 

Le résultat est impressionnant d'intimité. Les spectateurs, proches les uns des autres dans cet espace confiné, assistent à un monologue censé être interprété seule à seule. D'où une troublante sensation de voyeurisme. On imagine, on s'identifie, on est gêné. La gestuelle de l'actrice est réaliste dans toute sa théâtralité. Les doigts clapotent à la surface de l'eau, l'index mouillé écrit des pensées sur les faïences. C'est le spectacle de cette femme de toutes les femmes qui se prépare à un rendez-vous galant. [...]

Ce monologue sort le théâtre des salles pour l'ouvrir à tous. Et le quatrième mur, qui met le public dans une obscurité passive, tombe.

Cécile Gavlak, "Ariane s'invite dans votre bain", Le Courrier, 20.10.2011