«Ah ! Monsieur, répond la petite bonne
Ce que vous me dites n’a rien qui m’étonne
Je m’y prends mieux que Madame pardi
Tous les amis de Monsieur me l’ont déjà dit.» Fragson
Le fauteuil est de velours rouge ; le piano, Art déco, avec un complice tout en discrétion ; la lumière, feutrée et la bouteille de poire, à proximité. Si vous ne vous êtes pas trompé d’adresse, vous voilà replongé dans les années 30, glorieuse époque du cabaret érotique. En guise de tenancière du lieu, Geneviève Voisin, envoûtante et capable de camper toute la panoplie des séductrices, qu’elles soient petite bonne coquine, jeune fille candide, amante hystérique ou femme fatale.
Cette «voisine» coquine revisite un siècle d’érotisme à travers un répertoire de chansons jouant sur l’attrait de l’interdit et le désir en général : on y entend des textes de Jean Ferrat (Une femme honnête), de Brassens (Les Filles de joie), de Boris Vian (Fais-moi mal, Johnny, La Complainte du progrès), de Linda Lemay (Les Frustrées), et les plus chastes oreilles en seront pour leurs frais, visages rubiconds et pommettes cramoisies. Belle voix et excellente actrice, Geneviève Voisin nous livre ainsi, le temps d’une soirée, les secrets d’une nuit de demoiselle, les amours passionnelles ou les jeux interdits commis avec le cousin Eugène. Autant d’histoires qui risquent bien d’en faire, des histoires !










