La gardienne des mémoires a la réputation de ramasser tout ce qui peut être perdu pour le monde.
Un peuple est contraint de quitter sa terre. Éternel recommencement. Il prend la route, emmenant dans son exil le feu comme gardien de son identité. Au propre comme au figuré, la flamme va perdre de son intensité. Avant que celle-ci ne s’éteigne définitivement, une mère va transmettre à sa fille une poupée de chiffon. Baptisée le «loup-esprit», elle est celle qui chuchote à l’oreille des enfants, celle qui permettra à cette enfant de souffler à son tour sur les braises du souvenir et de raviver ladite flamme des savoirs ancestraux.
Pièce d’ombres et de figures dansées, La Loba, gardienne des mémoires se construit comme un mythe ancien. Des écrans poussent du sol, une forêt de matières se déploie, les corps d’une marionnettiste et d’une danseuse se glissent dans ce décor d’ombres et d’images. La loba, c’est la louve, symbole maternel et réalité matricielle. Mère des jumeaux Rémus et Romulus, mère de Mowgli, mère de San dans Princesse Mononoké. Il est alors question de transmission: comment s’opère le passage de mère à fille? Comment se transmet le pouvoir de l’intuition, la force de l’instinct? D’où tient-on la capacité de sentir de l’intérieur ce qui est juste? À quel moment la féminité se révèle-t-elle accomplie? La route et l’exil en guise de voyage initiatique.











