Entre les mots, la peinture, le dessin, la photographie, la vidéo et le blog, ces artistes composent des récits ouverts, souvent polysémiques, dans lesquels leurs vies interviennent autant que celles de leurs héros. Ils se prennent comme objets de l’oeuvre pour s’inventer un autre destin, élaborer une autre représentation
d’eux-mêmes. Ces tribulations, parfois ironiques ou poétiques, donnent lieu à des fictions qui peuvent renvoyer à l’actualité, au fait divers, à des aventures autobiographiques.
Ces artistes brouillent ainsi les frontières qui séparent le vrai du vraisemblable, et offrent une possible mise en scène du « je » par le « jeu ».
Dans cette exposition, il s’agit de montrer au travers d’oeuvres choisies une chronique individuelle dont seuls des fragments sont livrés.
Autofictions et mythologies personnelles
![]() Entrée libre Ouvert au public du mercredi au samedi de 14h à 18h, ainsi qu'une heure avant le début des spectacles Fermé du 22 au 25 avril. |
Exposition et atelier d'écriture Du 6 avril au 28 mai 2011 Gilbert Garcin (photographies), Sébastien Laudenbach (film d’animation), Jean Le Gac (dessins), Chloé Micout (court-métrage), Marcel Miracle (dessins), Valérie Mréjen (vidéos), Natalia Solo-Mâtine (installation) |
- Exposition
- Gilbert Garcin
- Sébastien Laudenbach
- Jean Le Gac
- Chloé Micout
- Marcel Miracle
- Valérie Mréjen
- Natalia Solo-Mâtine
- En résonance
Exposition
Gilbert Garcin
Gilbert Garcin
1929, France
Mister G, photographies
Personnage singulier, Gilbert Garcin s’engage dans la photographie à l’âge de 60 ans et réalise une carrière fulgurante.
Bricoleur et illusionniste, ce cousin de Tati élabore par ses créations une sorte d’autobiographie fictive, et une philosophie de la comédie humaine. En se mettant en scène dans ses propres images vêtu d’un pardessus noir, Garcin ou Monsieur G. emprunte la démarche d’un Chaplin ou d’un Magritte… Le choix du noir et blanc, les tirages contrastés, le dépouillement des décors et leur caractère souvent géométrique renvoient le spectateur à des situations à la fois irréelles et emblématiques de notre condition d’homme.
Sébastien Laudenbach
Sébastien Laudenbach
1973, France
Journal, film d’animation (1998)
Sébastien Laudenbach est réalisateur, scénariste, animateur et illustrateur. Depuis 2001, il enseigne à l’École Nationale des Arts Décoratifs, où il a été formé.
Pour son diplôme de fin d’études, il réalise son premier court-métrage d’animation, Journal, primé depuis dans de nombreux festivals.
Journal se feuillette entre octobre 1996 et mars 1997 et se construit, au rythme de séquences animées au jour le jour, selon les événements, les sensations, les souvenirs, les humeurs. Crayonnage, peinture à l’eau, collage et découpage sont ici les techniques utilisées. Elles résultent de la mise à jour d’un journal comme une activité solitaire et minimale. Le héros, égrainé par une voix blanche, se révèle par des traits simples et rapides. La forme est ici décisive, elle devient un élément de la narration. L’interaction entre voix off et dessins procède, avec liberté et invention, d’une alternance souple entre une représentation littérale et le choix de l’allégorie, qu’elle soit de nature comique, absurde ou résolument laconique.
Depuis Jounal, l’auteur s’est affirmé avec Des câlins dans les cuisines (2003), Morceau (2006) et Regarder Oana (2009). Son dernier film, Vasco, a été retenu parmi les sept courts-métrages présentés en 2010 par la Semaine de la Critique au Festival de Cannes.
Jean Le Gac
Jean Le Gac
1936, France
Les Cahiers (1968-1971), dessins
Les Grandes bibliothèques (2007), dessins
Jean Le Gac, artiste de notoriété internationale, participe à l’émergence du courant Narrative Art. Depuis les années 60, il se fait le rapporteur des aventures d’un artiste-peintre dont la carrière aurait pu être la sienne si la grande peinture n’était pas morte avec Picasso. Son oeuvre se présente comme une enquête policière dont les pièces, celles d’un puzzle, seraient en attente de reconstitution. Mélangeant textes et photographies, dessins, pastels et autres références, il raconte des histoires dans lesquelles sa vie intervient autant que celle de son héros. Fictions et réalités se confondent à tel point que son appartement et son atelier sont devenus le Musée Jean Le Gac.
Des Cahiers aux Grandes bibliothèques, le spectateur découvre la stratégie qui préside à l’élaboration de l’oeuvre. L’artiste affabulateur glisse du quotidien à l’insolite, du réel à l’illusoire. Des livres de littérature savante ou enfantine côtoient des ouvrages de pures inventions, tous dessinés à une échelle monumentale, laissant soudain s’échapper des personnages ou des images d’une mythologie moderne.
Chloé Micout
Chloé Micout
1977, France
À travers elle, court-métrage (2003)
Chloé Micout est auteure et réalisatrice. Après quelques expériences sur Canal +, la Cinquième et Paris Première, elle s’oriente vers la fiction et réalise plusieurs courts-métrages qui obtiennent de nombreux prix. Remarquée au Festival de la publicité de Méribel, elle réalise aujourd’hui des publicités et des films institutionnels pour des marques telles que La Macif, Boursorama Banque, Western Union, Peugeot ou Numéricable.
À travers elle est l’exemple saisissant d’une autofiction contemporaine qui utilise les poncifs des médias. Une jeune fille, interprétée par la réalisatrice elle-même, vit par procuration en s’immergeant dans la peau de personnages télévisés. Elle devient, dans un rythme effréné, star glamour, Buffy combattant un vampire, participante d’un Loft Story, présentatrice du 20 heures façon Claire Chazal et enfin Britney Spears. Ces cinq interprétations de choc, tout en contrastes, sont appuyées par un cocktail d’effets spéciaux. Le corpus de ces récits offre une seule et même oeuvre même si le spectateur doit renoncer à toute certitude, à toute stabilité logique.
Marcel Miracle
Marcel Miracle
1957, Suisse
Petit manuel de minéralogie prophétique, dessins (2010)
Installé à Lausanne, Marcel Miracle mène une existence discrète. Il élabore une oeuvre fondée sur l’association de dessins, de collages et de poésie. Grand lecteur de Breton, Borges ou Perec, Marcel Miracle se sert des mots comme catalyseurs d’images. Des mots qui viennent ponctuer les dessins, leur donner une angulation équivoque, creuser un deuxième, un troisième sous-sol sous l’apparente surface des choses.
Son Petit manuel de minéralogie prophétique est un ensemble de 37 planches qui dévoilent les fragments de sa propre genèse. Pour cet homme né à Madagascar et géologue de formation, sa relation à l’univers est singulière. Il décrit son travail d’artiste comme une organisation du chaos en cosmos. Le caractère rétrospectif est relayé par l’accumulation d’indices spatiaux temporels et d’objets personnels : le désert, les cristaux, le lion, le nuage, le totem, l’homme serrure sont autant de signes qui permettent le développement de sa pensée graphique. Cette alchimie insolite nous emmène sur les lieux éclatés de sa grande « auto-mythologie ».
Valérie Mréjen
Valérie Mréjen
1969, France
Portraits filmés, vidéo (2004)
Née en 1969, Valérie Mréjen offre une oeuvre à l’intersection de plusieurs territoires artistiques, entre littérature, cinéma et vidéo. À travers ces différents médias, elle explore le langage et ses multiples possibilités en s’inspirant d’histoires courtes et familières puisées dans son quotidien. Elle dessine ainsi sans complaisance une petite mécanique des relations humaines traversées par les malentendus et les lieux communs.
Pour Portraits filmés, elle convoque des amis qui évoquent des souvenirs. Ces saynètes requièrent un dispositif simple et récurrent : cadrage fixe, décor épuré, mise en scène minimale et plans-séquences. Les textes, rigoureusement écrits, sont énoncés avec distance. La force de ses vidéos réside dans la vacuité du discours et l’illusion d’une vérité servie par des mots et des images.
Après une grande exposition à la Galerie du Jeu de Paume à Paris en 2008 et la réalisation remarquée de son film Valvert en 2010, Valérie Mréjen prépare actuellement un long-métrage.
Natalia Solo-Mâtine
Natalia Solo-Mâtine
1972, Suisse
La femme que j’aurais pu être, installation (2010)
Natalia Solo-Mâtine est designer de mode et enseignante à la HEAD de Genève.
La femme que j’aurais pu être est un projet troublant. Il commence par la collecte de douze portraits de femmes trouvés au marché aux puces. Solo-Mâtine prépare alors sa métamorphose : elle s’habille, se maquille, se coiffe, se photographie et envoie ces personnages sur des sites de rencontres en ligne. À chaque création, elle tient un journal qui rend compte de la vie virtuelle de ces personnages. Lili Galati la comptable débutante, Anna la rêveuse amoureuse ou Margot la dominatrice, ces femmes ont pénétré le réel de dizaines d’hommes et de femmes avec qui elles ont liés connaissance sur le net. Ces douze carnets font ensuite l’objet d’une installation.
Cette mise en scène de soi mêle vérités subjectives, clichés, fantasmes collectifs et obsessions personnelles.
En résonance
Fragments de vie, atelier d’écriture autobiographique
Samedi 16 avril de 10h à 17h30
Inscriptions et renseignements : 022 989 34 00
En partenariat avec la bibliothèque Forum Meyrin et Le Grain des mots









