La Mort intime

Rencontre avec Marie de Hennezel

Rencontre avec Marie de Hennezel

L'’invitée > Formée en psychologie clinique et en psychanalyse, Marie de Hennezel intègre l’hôpital psychiatrique de Villejuif dans les années 1970 et y travaille auprès de grands psychotiques. En 1986, le président Mitterrand lui propose d’intégrer une unité de soins palliatifs pilote à Paris, première du genre en Europe. Quelques mois avant sa mort, en 1995, il signera même la préface du plus fameux ouvrage de notre invitée: La Mort intime. En voici un extrait: «Comment mourir ? Nous vivons dans un monde que la question effraie et qui s’en détourne. Des civilisations, avant nous, regardaient la mort en face. Elles dessinaient pour la communauté et pour chacun le chemin du passage. Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister, paraissent éluder le mystère.»

Le propos > Marie de Hennezel évoquera à Meyrin l’expérience acquise dans l’unité de soins palliatifs citée plus haut; elle reviendra peut-être aussi sur les moments forts vécus (de 1990 à 1992) au sein de l’unité de soins Sida de l’hôpital Notre-Dame de Bon Secours. C’est l’époque noire du virus, qui voit de nombreux jeunes gens mourir dans les hôpitaux, remettant en question médecins et soignants démunis, car trop pris dans l’illusion de la toute-puissance médicale. Le sous-titre de La Mort intime («Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre») résume l’apport profond de ce témoignage empreint d’une rare délicatesse. On y découvre combien la mort souligne la question du sens de la vie.

Cette rencontre intègre notre Théma Infinita ou la mort tutoyée.