Du peuple à la multitude

Mardi 12 mai 2009 à 20h30

Durée 1h45 [Tarif F]

Rencontre avec Toni Negri (Italie)

Avec la participation du comédien Claude Thébert

Une vie militante > Militant dès les années 1960 et membre fondateur du groupe Potere Operaio, Toni Negri est arrêté en 1979, lors d’une campagne de répression du mouvement de contestation sociale; on l’accuse de complicité avec les Brigades rouges dans l’assassinat du chrétien-démocrate Aldo Moro. Bien que sous le coup d’une condamnation à trente ans de prison, Negri est élu député en 1983; il quitte sa cellule grâce à son immunité de parlementaire, mais fuit en France dès la levée de celle-ci. Protégé par la «doctrine Mitterrand», il enseigne les sciences politiques à l’Université Paris VIII avant de retour ner volontairement dans la Péninsule, en 1997, afin de purger sa peine. Après six ans de détention, il bénéfice d’une libération définitive.
Toni Negri est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands théoriciens de l’altermondialisme.

Une parole communiste > Sa pensée se cristallise autour de deux concepts essentiels: ceux d’Empire et de multitude. L’Empire qualifie cette force capitaliste qui a gagné la guerre civile du XXe siècle. L’idée de multitude caractérise, elle, une forme politique émergente que ne recouvre pas l’idée traditionnelle de parti. La multitude résulte de la collaboration entre sujets sociaux singuliers, non homogènes (puisqu’elle intègre les travailleurs industriels comme les travailleurs de l’immatériel) mais à capacité sociale et politique commune. Cette capacité tient à une asymétrie: tandis que l’Empire reste constamment dépendant de la multitude et de sa productivité sociale, la multitude est potentiellement autonome et capable de «faire sociét黅 à elle seule!